Différence entre Conseil et critique

 

La Différence entre le Conseil et la Critique


Par l'Imaam Zayn ud-Deen Ibn Rajab al-Hanbali, avec les vérifications et les
commentaires de 'Ali Hasan al-Halabi


Au Nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.


Toute la louange est à Allah, Seigneur des Mondes, que Sa prière et Ses Salutations soient sur celui

qui craint le plus Allah, le sceau des prophètes (Muhammad), sa famille, ses compagnons et tous ceux

qui les ont suivi dans le bien, jusqu'au Jour Dernier.
 


Voici quelques paroles résumant et regroupant ce qui a trait à la différence entre conseiller et

condamner. Ces deux termes sont presque synonymes dans le sens où il s’agit de dire au sujet d'une

personne ce qu’elle n’aimerait pas que l’on dise d’elle.

Cependant, la différence entre les deux peut être mal comprise par nombre de gens.

Et Allah est Celui qui garantit la bonne compréhension.


Sache que dire au sujet d'une personne ce qu'elle n'aimerait pas entendre (la concernant) est

interdit, si c’est dans le seul but de la rabaisser et d’afficher ses fautes et ses défauts.

Cependant, s'il y a dans cette mention (du défaut), un bénéfice pour la masse des Musulmans – surtout

pour certains d'entre eux – et que le but derrière cela est d’atteindre ce bénéfice, alors cela n'est

pas interdit, mais plutôt recommandé.


Les savants du Hadith ont confirmé cela dans leurs livres sur le sujet du "Jarh wat- Ta'dîl" en

déclarant qu'il y a une différence entre critiquer les rapporteurs de hadith, et la médisance. Ils

ont également réfuté ceux qui assimilent ces deux termes, parmi les fervents adorateurs, ou ceux qui

ne possèdent pas beaucoup de science.

De plus, il n'y a aucune différence entre :

1 - Critiquer les narrateurs d'un des savants du hadith (huffâdh) et distinguer ceux dont les

narrations doivent être acceptées et celles qui ne le sont pas.


2 - Montrer l'erreur de celui qui s'est trompé dans la compréhension des sens du Livre et de la

Sunnah, en donnant des interprétations erronées, et qui s'est attaché à quelque chose de faux.

Ceci afin que cette personne ne soit pas suivie dans la faute commise. Les savants sont également

unanimes sur la permission de faire cela (la clarification). 


L'Imam Al-Shâfi'i était très rigoureux dans cette compréhension, ainsi, il incitait ses

compagnons à suivre la vérité et à accepter la Sunnah si elle leur apparaissait contradictoire à

leurs (propres) opinions. Il les encourageait à « jeter leur avis contre le mur » (i.e. les abandonner). 

Il disait dans ses ouvrages :


« Il n'y a aucun doute que vous y trouverez (dans mes opinions) ce qui contredit le Livre et la

Sunnah, car Allah, Le Plus Haut, a dit :


" Ne méditent-ils donc pas sur le Coran? S'il provenait d'un autre qu'Allah, ils y trouveraient
certes maintes contradictions!"

[an-Nisaa, 82]


Et qu'y a-t-il de plus éloquent que sa parole :

« Aucun n'a débattu avec moi sans que je n'ai remarqué que la vérité se manifestait aussi bien

sur ma langue que sur la sienne.»



Cela indique que son intention n'était que de montrer la vérité, même si elle se manifestait sur

la langue d'un autre que lui, parmi ceux avec qui il a débattu ou qui ont divergé avec lui.

Quiconque possède ce type de comportement, alors il ne détestera pas voir son opinion réfutée, ou

que sa contradiction avec la Sunnah soit montrée, que ce soit durant sa vie ou après sa mort.


C'est la voie que les savants de l'Islam du passé et du présent – ceux qui en sont les

protecteurs et qu'ils s'efforcent d'élever – utilisaient pour "parler" des gens. Ils ne

détestaient pas recevoir un avis (différent du leur) de la part de ceux qui les contredisaient

avec une preuve qu'on leur présentait. Ceci, même si cette preuve n'était pas forte, ils

l'acceptaient et abandonnaient leur preuve pour celle-ci (qui leur avait été présentée).


C'est pourquoi l'Imam Ahmad (rahimahullah) mentionnait Ishâq bin Rahawayh (rahimahullah) en le

louant et le recommandant. Et il disait :

« Même s’il diverge sur quelques questions, de toute manière, les gens ne cesseront d'être en divergence entre eux. »

Ou une autre parole du même sens.


Réfuter des opinions faibles et montrer la vérité en considérant ce qui lui est opposé, en se

basant sur des preuves légiférées, ne font pas partie de ce que ces savants réprouvent, mais de

ce qu'ils apprécient, et ils recommandent et louent ceux qui le font.


Cela n'entre donc absolument pas dans la catégorie de la médisance. Mais supposez que quelqu'un

désapprouve que soit dénoncée son erreur contraire à la vérité. Dans ce cas, il n'y a aucune

considération à avoir pour cette désapprobation, car réprouver que la vérité soit montrée, si

elle est en opposition à l'avis de l'individu, ne fait pas partie des choses louables.

C'est plutôt une obligation pour le Musulman d'aimer que la vérité soit clarifiée et que les

Musulmans soient mis au courant, qu’elle soit conforme ou contraire à son avis personnel



Cela fait partie du conseil sincère (nasihah) envers Allah, Son Livre, Son Messager, Sa Religion,

les dirigeants et la masse des Musulmans. Et ceci, en fait est l’essence même de la Religion,

comme le Prophète (sallallahu'alayhi wasallam) nous en a informés.


Quant au fait de dénoncer une erreur d'un savant qui s'est trompé dans le passé, si la personne

adopte un bon comportement dans ses paroles et perfectionne sa réfutation et sa répartie, alors

il n'y a aucun mal et il ne sera pas blâmé. Si cela se passe mal, alors il n'a pas commis de

péché non plus.

Les Imams vertueux étaient très rigoureux dans le rejet des opinions faibles de savants. Ils les

ont réfutées avec le meilleur degré de réfutation, comme l'Imam Ahmad (rahimahullah) avait

critiqué Abu Thawr et d'autres pour leurs opinions faibles et isolées. Et il était très sévère

dans sa réfutation. Tout cela est de l'ordre de l'apparent, quant à ce qui ne l’est pas, si le

but est seulement de montrer la vérité afin que les gens ne tombent pas dans l’erreur à cause des

paroles d'une personne qui s'est trompée dans ses opinions, alors il n'y a aucun doute que cette

personne sera récompensée selon cette intention et qu'avec cet acte et cette intention, il rentre

dans la catégorie de ceux qui conseillent pour Allah, Son Messager, les dirigeants et la masse

des Musulmans. Ceci, que la personne qui dénonce l'erreur soit jeune ou âgée.


Toutes ces paroles concernent les savants qui servent de références dans la Religion, quant aux

gens de l'innovation et de l'égarement, et ceux qui imitent les savants mais n'en font pas partie 

alors il est permis de dénoncer leur ignorance et de montrer leurs défauts dans le but

d'avertir ceux qui les suivent.
 
 
Wa salam al3aykoum wa rahmatuLlah wa barakatou
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